Quoi ? L’endométriose.

Quoi ? L’endométriose.


Illustré par Bonny Kruegger.

Aujourd’hui les médias évoquent souvent l’endométriose, cette maladie gynécologique répandue. Cependant, si cette maladie n’est plus aussi inconnue qu’auparavant, rare sont ceux qui savent de quoi il s’agit réellement. “Maladie des règles” ou “maladie qui rend stérile”, c’est cette image qu’ont la plupart des gens de l’endométriose. En réalité, l’endométriose est une maladie complexe, dont on connaît peu de choses. Par ailleurs, elle est protéiforme, il n’est donc pas possible de dresser un profil type de l’endométriosique. Malgré cela je vais essayer de vous expliquer en quoi consiste cette maladie.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie gynécologique chronique. Elle se manifeste par des lésions endométriales, similaires à de l’endomètre (c’est-à-dire la muqueuse tapissant l’intérieur de l’utérus) qui se situent anormalement à l’extérieur de l’utérus. Elles peuvent causer des douleurs et le dysfonctionnement des organes où elles se situent. Si l’endométriose est traitée comme une maladie rare, il n’en est rien : une personne née avec un utérus sur cinq est concernée.

Quels sont les symptômes de l’endométriose ? 

L’endométriose se présente sous différentes formes. On a pour habitude de dire, qu’il existe autant d’endométrioses que de malades. Voici donc une liste, non exhaustive, des principaux symptômes :

– règles douloureuses (attention, il est possible d’avoir une endométriose sans règles douloureuses), voire hémorragiques

– douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie)

– crises inflammatoires “endobelly” (ventre douloureux qui gonfle rapidement)

– infertilité

– douleurs à la miction et/ou à la défécation

– fatigue chronique

– troubles digestifs

– douleurs pelviennes chroniques

L’endométriose peut aussi être asymptomatique. Ainsi, on peut ne montrer aucun symptôme toute sa vie ou une partie. Dans ce dernier cas, les symptômes peuvent se manifester brutalement après un choc émotionnel. En effet, il s’agit d’une maladie inflammatoire et le stress peut causer des réactions inflammatoires en chaîne. Les symptômes peuvent aussi se manifester progressivement car le saignement des lésions finit par causer une irritation et une inflammation.

© Bonny Kruegger

Quelle est la cause de l’endométriose ?

Aujourd’hui, on ne le sait pas. La maladie a fait l’objet d’un déni de la part de la société et des professionnel·le·s de santé. Nous manquons cruellement de recherches scientifiques. Nous devons donc nous contenter de théories. La plus répandue en France est celle du reflux. Ce serait le sang menstruel reflué par les trompes de Fallope qui créerait l’endométriose. Cependant cette théorie est contredite par de nombreuses études car 90% des personnes née avec un utérus ont un reflux. En outre, les lésions endométriales ont une composition moléculaire différente de celle de l’endomètre et de l’endométriose a été retrouvée sur des foetus… Il existe d’autres théories qui toutes présentent des failles. En attendant, nous restons sans réponse.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic est le plus souvent posé par une échographie intra-vaginale ou une IRM pelvienne. Cependant peu de radiologues sont qualifié·e·s et, dans tous les cas, on ne voit l’intégralité des lésions que lors d’une coelioscopie (intervention chirurgicale nécessitant une anesthésie générale et qui se fait à l’aide d’un tube optique muni d’un système d’éclairage et d’une caméra vidéo retransmettant l’image sur un écran).

L’endométriose se soigne-t-elle ?

Il n’existe pas encore de remède à l’endométriose, il est néanmoins possible de soigner les symptômes. En première intention, un traitement hormonal est proposé (pilule), si nécessaire, il est accompagné d’anti-douleurs et d’anti-inflammatoires. Si cela n’est pas suffisant ou si les lésions entraînent des dysfonctionnements, l’opération chirurgicale peut-être envisagée. A noter que la douleur n’est pas proportionnelle à l’étendue des lésions. De petites lésions peuvent entraîner de violentes douleurs. L’endométriose entraîne un ensemble de dérèglements. C’est pourquoi la Haute autorité de santé recommande une approche pluri-disciplinaire. Ainsi un traitement allopathique sera complété par la naturopathie (pour lutter contre les symptômes), un régime alimentaire (pour lutter contre l’inflammation chronique) ou encore le yoga (pour assouplir les adhérences). Lorsque rien ne calme les douleurs, la sophrologie peut vous apprendre à la gérer au quotidien. Autant d’astuces à retrouver sur mon blog !

Je suis malade, suis-je stérile ?

L’endométriose n’est pas forcément synonyme de stérilité. 20 à 30% des endométriosiques souffrent d’infertilité. La moitié réussira toutefois à tomber enceinte.

On m’a souvent dit que c’est dans ma tête. Est-ce vrai ?

Ce mythe tient à la sombre histoire de l’endométriose, qu’elle doit au sexisme médical. Dès l’antiquité, on décrit l’endométriose et l’on pense que l’utérus (hytera en grec) rend les personnes concernées folles. Cela perdure au fil des siècles et au Moyen-Âge, on croit que les malades sont possédées par le diable. Plus tard, on les accuse d’être hystériques (on retrouve le terme hystera) et on les soigne par électrochocs.

Malgré le manque de recherches, les constatations scientifiques sont là. L’endométriose est une maladie gynécologique, se manifestant par des métastases bénignes (c’est-à-dire non cancéreuses).

Marie-Rose Galès du blog Endométriose mon amour.

 

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