Nos règles n’arrivent jamais seules

Nos règles n’arrivent jamais seules


Texte illustré par Claire Alia Assal.

Hier, j’étais dans le métro pour me rendre à une conférence autour du sujet de l’épargne responsable. Quel rapport avec les menstrues, me direz-vous ? Dans l’absolu, aucun. Simplement que, durant mon trajet de 40 minutes, j’avais les larmes aux yeux et la gorge serrée presque tout le long. Aucun rapport avec ma conférence. Aucun rapport avec quoi que ce soit en particulier d’ailleurs. Je n’avais pas de raison vraiment valable qui expliquait mon état émotionnel. C’était juste le premier jour de mon cycle, et comme tous les mois à ce moment-là, je suis totalement à fleur de peau. Tous mes petits tracas du quotidien, toutes ces petites choses qui m’agacent ou m’attristent de façon « normale » habituellement, paraissent d’un coup bien plus importantes et prennent une autre dimension. Une amie ne répond pas à mon message ? Mon copain a dit ne pas pouvoir se rendre dispo ce soir ? Le métro a 10 minutes de retard ? S’ensuit dans ma tête un mélange d’énervement, de remises en question, de déception, de réflexions diverses sur la vie et ses injustices… Bref, je dois bien l’avouer, je sur-réagis et je pars assez loin. Déjà hyper-sensible de base, l’arrivée de mes règles amplifie ce trait de caractère, et je peux très difficilement le contrôler. C’est assez pénible, mais heureusement, ça ne dure pas bien longtemps. Le plus compliqué pour moi, c’est de ne pas dire des choses parfois un peu exagérées à mes proches sur le coup de l’émotion, car je sais que je risque fort de les regretter par la suite. Alors j’essaye de prendre sur moi et de retenir ces larmes qui n’ont pas toujours lieu d’être, et de relativiser. Après, que l’on soit d’accord, ce n’est pas parce qu’on se sent mal à cette période que l’on doit négliger ses émotions en les justifiant uniquement par l’excuse des règles, car elles restent légitimes. Elles sont d’ailleurs parfois totalement indépendantes de nos menstrues. Mais je dois dire que dans mon cas, depuis l’arrêt de la pilule et le retour à des cycles hormonaux naturels, ce « mythe » de l’hyper-émotivité à l’arrivée des règles s’est avéré être bien vrai !

En dehors de cet aspect, j’ai aussi eu la grande joie de découvrir les crampes menstruelles… Youpi ! Bien que, je m’estime tout de même chanceuse, car je sais qu’il y a bien pire que moi, et étant porteuse d’un stérilet, j’imagine que ça aurait pu être pire. Néanmoins, même avant ma période pilule, je ne connaissais pas. Elles arrivent doucement, puis s’installent sûrement pendant généralement mes 2 jours les plus abondants. Je peux continuer à réaliser mes tâches quotidiennes, en revanche, si l’un de ces 2 jours tombe par exemple sur celui de ma séance hebdomadaire de sport : eh bien tant pis, je la zappe ! J’ai déjà essayé, c’est bien trop inconfortable pour moi. À cause de la douleur, mais aussi parce qu’utilisant une coupe menstruelle, l’idée qu’avec tous les mouvements, mon sang se balade partout dans mon vagin et mon utérus, je n’aime pas trop. À la maison, j’ai adopté la technique de la bouillotte sur le bas ventre, qui n’est pas miraculeuse mais qui je trouve reste une bonne option.

Mon SPM se manifeste également via ma peau : coucou la poussée de boutons, généralement 3 à 7 jours avant l’arrivée de mes règles. Symptôme assez classique, auquel j’ai malheureusement droit. Néanmoins, grâce à une crème prescrite par ma dermato, ça va beaucoup mieux et ça limite la poussée. Sur la liste des symptômes, j’en rajoute un autre assez fréquent : mes toilettes me voient défiler bien plus souvent qu’à l’habitude (autant pour la petite que la grosse commission).

 

Bref… on adore !

Natacha.