Le Syndrome du choc toxique

Le Syndrome du choc toxique


Illustré par ChiliConCacahuete.

Le syndrome du choc toxique nous concerne tou·te·s. Pourtant, il est encore peu connu et mal diagnostiqué, mais heureusement, il est très rare.

Tout d’abord, qu’est-ce que c’est ?

Nous sommes tou.te.s porteur.se.s de bactéries appelées staphylocoque doré : elles font partie de la flore de tout individu. Le syndrome du choc toxique est une infection bactérienne due à ce staphylocoque. Quand il atteint une concentration importante, il libère la toxine TSST-1. Cette dernière est capable de passer dans le sang et de provoquer un choc toxique.

Tous les cas de choc toxique ne sont pas liés à la toxine TSST-1. En effet, une infection similaire appelée fasciite nécrosante ou « maladie mangeuse de chair » (on adore), est causée par infection de Streptococcus pyogenes. Il faut savoir également que le choc toxique peut se déclarer à la suite de lésions, même minimes de la peau. Ils touchent surtout les patient·e·s immunodéprimé·e·s (système immunitaire en vrac), l’absence d’anticorps anti TSST-1 ou des malades atteint·e·s d’affections chroniques (insuffisance rénale, diabète, etc.).

Comme nous sommes sur Cyclique Magazine, cet article porte sur le Syndrome du Choc Toxique (SCT) lié aux menstruations. Car oui, les protections périodiques comme les tampons ou les coupes menstruelles peuvent entraîner cette infection. Ne prenez pas peur ! Je vous explique :

Lorsque nous portons un tampon ou une cup, de manière prolongée (en dépassant donc la durée maximum conseillée qui est de 8h), cela peut « bloquer » le staphylocoque au niveau du vagin. Alors, il se multiplie et produit des toxines dangereuses. En dehors des règles, le vagin a un pH acide, ce qui empêche le staphylocoque de s’y multiplier. Mais le sang menstruel modifie ce pH, qui devient neutre. Le staphylocoque se procure alors tous les nutriments nécessaires à sa multiplication. Sa croissance est d’autant plus favorisée lorsque le sang est bloqué au niveau du vagin par un tampon ou tout autre dispositif intra-vaginal comme la coupe menstruelle. Il faut savoir que, normalement, le contact prolongé avec la bactérie permet à l’organisme de s’immuniser.  Mais le port prolongé d’une protection intime constitue un très bon moyen de culture pour le staphylocoque doré.

Durant le choc, que ce passe-t-il ?

Si rien n’est fait face à la toxine, la victime tombe dans le coma et ses organes cessent de fonctionner correctement les uns après les autres en commençant par les reins, le foie, les poumons et le cœur. Sous l’effet du stress, les organes passent en « mode survie » et les extrémités comme les mains et les pieds ne sont plus irrigués et commencent à se nécroser, allant parfois jusqu’à l’amputation. Vous pouvez trouver un autre article sur la célèbre mannequin Lauren Wasser, amputée des deux jambes à la suite d’un Syndrome du Choc Toxique.

Les conséquences sont diverses, allant du traumatisme psychologique au décès (dans 3 % des cas) en passant par les complications chroniques, l’amputation ou la stérilité. Les personnes ayant déjà contracté un SCT sont plus susceptibles d’en être de nouveau victimes.

Qui cela concerne ?

Toutes les personnes utilisant les tampons ou la coupe menstruelle.

Quels sont les symptômes ?

  • Une fièvre soudaine et élevée
  • Une sensation de malaise avec mal de tête ou une grande fatigue
  • Des vomissements
  • Une diarrhée soudaine
  • Une éruption cutanée (qui peut ressembler à un coup de soleil)

Il faut savoir qu’en cas de doute, ces symptômes représentent une vraie urgence ! Le premier geste à faire est de retirer le tampon ou la coupe menstruelle pour éliminer le sang et le staphylocoque et de les remplacer par une serviette périodique. Puis, il faut se rendre aux urgences pour que les médecins traitent au plus vite l’infection, car quelques heures suffisent à la toxine pour se diffuser dans l’organisme.

Aussi est-il très important d’y penser ! On peut oublier que l’on porte un tampon ou une coupe menstruelle ou simplement ne pas y penser. Or, mettre au courant le médecin est indispensable au diagnostic.

Quelles précautions ?

Selon plusieurs études publiées à ce sujet, plusieurs règles simples doivent permettre de se prémunir contre le syndrome du choc toxique:

  • Evite d’utiliser des tampons et coupe menstruelle si tu as déjà reçu un diagnostic de choc toxique staphylococcique menstruel
  • Lave-toi les mains au savon avant d’insérer ou de retirer un tampon ou une coupe menstruelle
  • Change de tampon toutes les 4 à 8 heures et évite d’en porter la nuit : n’utilise un tampon que pendant une partie de la journée en alternant l’utilisation des tampons et des serviettes périodiques. Utilise, par exemple, des serviettes la nuit et des tampons le jour
  • N’oublie pas d’enlever ton tampon
  • Attend le début de tes règles avant d’utiliser un tampon. Évite d’utiliser un tampon par mesure de précaution lorsque tu t’attends à être menstruée d’une journée à l’autre ou pour absorber d’autres types de pertes
  • Utilise des tampons ayant un pouvoir absorbant minimal nécessaire pour répondre à tes besoins personnels. Le risque de contracter un SCT est plus élevé avec des tampons très absorbants. 

Mauvais diagnostic et augmentation des cas de choc toxique

2 cas en 1999, 5 cas en 2004, 14 en 2011 et 19 en 2014 en France : le nombre de déclarations de choc toxique menstruel augmente. Des personnes menstruées sont transportées aux urgences par suite d’une poussée de fièvre, des vomissements ou des diarrhées sans que la cause n’en soit comprise. Les causes de cette recrudescence sont encore incertaines mais des études émettent comme hypothèse :

  • Un meilleur diagnostic des médecins
  • La composition mystérieuse des protections périodiques dont on ne sait absolument rien
  • Le changement d’alimentation qui modifie la flore vaginale, la rendant plus sensible

Bref, un vrai mystère ! Raison de plus pour dire : prenons nos précautions & sensibilisons !

Par Nina.