La Prostaglandine : cette b*tch !

La Prostaglandine : cette b*tch !


Illustré par Maya Culpa.

La Prostaglandine (ou PG, de son petit nom !) est une hormone qui est présente un peu partout dans notre corps. Elle permet généralement la vasodilatation (c’est à dire qu’elle permet aux vaisseaux sanguins de se dilater) mais aussi, le contraire : la vasoconstriction. Tout d’abord découverte dans le liquide séminal (fluide pré éjaculatoire), on pensait en 1930, qu’elle était produite par la prostate et réservée à la gente masculine. Elle est en fait produite par les vésicules séminales mais aussi au niveau du cœur et des reins par exemple. Cette hormone n’est pas spécialement réservé aux personnes ayant un pénis mais aux autres aussi. Ce qui nous intéresse ici est sa présence au niveau de l’utérus !

À la fin de la période post-ovulatoire (voir article sur le cycle menstruel), alors que l’endomètre s’épaissit (voir article sur les règles), ce dernier commence à produire une certaine quantité de PG. Quand la paroi utérine/endomètre atteint son quota de PG, le surplus produit va continuer de s’accumuler dans l’endomètre mais aussi migrer (puisqu’il est diffusé par le sang) vers les organes les plus proches… Notamment, les intestins. Celui-ci va alors faire du ménage quand les PG vont s’activer. Ce qui explique pourquoi certain·e·s d’entre nous expérimentent des diarrhées avant ou pendant leur règles.

Illustré par Maya Culpa.

Durant la période des règles, la PG s’active tout en continuant d’être produite, afin de pousser le muscle utérin à se contracter pour expulser l’endomètre. Des chercheur.e.s ont montré que le sang de règles des personnes dysménorrhéiques (qui ont des règles très douloureuses) contient une plus grande quantité de PG. On pourrait donc penser que le surplus de production de PG déclenche des contractions plus fortes et donc, plus douloureuses.

La PG s’active aussi pendant l’accouchement, sur le même principe, mais afin d’expulser le bébé. De même que pendant les règles, c’est en partie cette surproduction de PG qui va relâcher les intestins.

Malgré toute cette haine qu’a l’air de nous vouer cette hormone, la PG a également pour but de ramollir le col de l’utérus afin qu’il soit assez souple pour laisser passer l’enfant. Comme expliqué ci-dessus, on trouve de la PG dans le liquide séminal. Celle-ci permet la contraction péristaltique (je m’explique) : c’est à dire que la PG aide la glaire cervicale à amener le liquide séminal jusqu’à l’ovule grâce à un ensemble de contractions.

Entre haine et amour mon cœur oscille. La Prostaglandine est nécessaire au bon fonctionnement de notre corps mais si elle pouvait réfréner ses ardeurs, mon cycle en serait apaisé !

Notes :

  • Il y a différents types de prostaglandine, celles désignées dans cet article est notamment la PGE2 et la PGF2 (différentes des PG qu’on trouve au niveau du coeur et des reins…).

Il existe aussi des PG de synthèse qui sont régulièrement utilisées pour déclencher des accouchements. Elles vont activer les PG déjà présentes pour débuter les contractions.

  • L’astuce disant d’avoir un rapport sexuel pour amorcer un accouchement provient du fait que le sperme contient beaucoup de PG. Mais cela n’a pas été prouvé scientifiquement !

 Par Mélanie F.

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