Gaëlle Baldassari kiffe son cycle !

Gaëlle Baldassari kiffe son cycle !


 

Créatrice de la formation Kiffe ton cycle !, Gaëlle Baldassari t’enseigne à mieux vivre avec ton cycle menstruel. J’ai eu la chance de discuter avec elle de son projet et de son rapport au cycle menstruel. Son projet est né en partie grâce à ses aventures menstruelles : elle prend la pilule au commencement de ses règles, à 16 ans jusqu’à ses 25 ans. Une mauvaise expérience de la pilule en continu, et elle décide l’arrêt total :

“J’ai fait un tour du monde et j’étais partie avec la pilule en continue (suggérée par mon médecin) pour “ne pas être embêtée” mais mon corps l’a mal supporté et je me suis mise à saigner aussi en continu. C’est là que j’ai pris conscience que les hormones n’étaient pas anodines sur mon corps et que j’ai complètement arrêté. Mon 1er cycle post-pilule a duré 1 an, pendant lequel j’étais persuadée d’être stérile.”

S’ensuivent cinq années durant lesquelles elle travaille à fond. Bien que passionnée par la biologie, la vie la redirige vers une carrière dans la banque :

“A cette période, mon cycle pouvait durer jusqu’à 6 mois. Et entre nous, ça m’arrangeait bien, car je n’avais pas à m’embêter avec les règles.”

A cette époque, elle avait donc deux à trois cycles par an. Mais à 30 ans, alors qu’elle veut avoir un enfant, elle se rend compte qu’il y a un problème (elle découvre plus tard qu’elle est en fait atteinte d’un syndrome des ovaires polykystiques). Après plusieurs tentatives, elle a recours à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) pendant 2 ans :

“J’ai coutume de dire que j’ai donné les clés de la maison au gynéco avec pour mission de me permettre d’avoir un enfant.”

Elle s’intéresse donc au cycle menstruel pour la fécondation in vitro (FIV) qui est une technique permettant de féconder un ovule avec un spermatozoïde en dehors de l’utérus.

A 34 ans, après la naissance de sa fille, elle se questionne sur toutes les hormones qui ont pu lui être injectées durant cette expérience : “Et surtout, je voulais comprendre leurs effets secondaires, car mon médecin niait ma prise de poids, mon humeur maussade, etc. J’ai fait un burn-out pendant le traitement.”

Alors qu’elle est coach parentale, elle commence à se renseigner sur le cycle menstruel (et notamment le sien, qui se raccourcit après la grossesse), et les hormones naturelles. Gaëlle Baldassari découvre les travaux de Miranda Grey – artiste, autrice de Lune rouge : les forces du cycle féminin et professeure de thérapie alternative -, reprend des débuts d’études scientifiques, et 18 mois plus tard naît son deuxième bébé : Kiffe ton cycle!. Grâce à son expérience et à ses échanges avec ses coachées, elle met en place la technique SURF pour expliquer le cycle menstruel en 4 étapes. Elle utilise la métaphore d’une session de surf pour expliquer les émotions ressenties pendant un cycle. La mer étant le cycle et la planche l’estime de soi :

La prise d’élan, tu es concentré·e sur tes objectifs. Tu es rapide et efficace. C’est la phase pré-ovulatoire.

Debout sur la planche, ouvert·e à la discussion et à l’empathie, tu partages et tu rayonnes. C’est le moment de l’ovulation.

Dans le tube, la vie est plus sombre, mais tu repères ce qui ne va pas. Beaucoup d’idées mises de côté, il est temps de faire des to-do listes. Tu es sujet·te aux émotions intenses. C’est la phase pré-menstruelle.

Assis·e sur la planche, tu te reconnectes pour réfléchir et es à la recherche d’un repos complet car tout se passe à l’intérieur. C’est le moment des règles. Pour Gaëlle Baldassari, le cycle est un coach interne qu’il faut écouter et sur lequel on peut s’appuyer pour s’épanouir.

“Je présente bien que les 4 phases sont la théorie qu’il faut ensuite confronter à la vraie vie et que seule la vie a raison. J’encourage les femmes à revenir vers elles-même et à se faire confiance…”

Évidemment, à chacun·e son cycle ! À toi d’écouter ton corps afin de mieux vivre avec tes émotions.

“J’en sais quelque chose avec mes cycles étranges… j’ai des tentatives d’ovulations, alors je fais des retours en phase de prise d’élan, parfois plusieurs fois avant de monter vraiment debout et de descendre dans le tube.”

Kiffe ton cycle ! est donc une formation sous forme de vidéos, s’appuyant sur la technique SURF et dans laquelle Gaëlle Baldassari prodigue des conseils aux personnes menstruées (mais aussi à leurs partenaires) pour accepter leur cycle, s’accepter elles-mêmes et réussir à avancer avec. Cette formation étant plutôt réservée aux adultes, j’ai donc voulu savoir si elle songeait à une formation Kiffe ton cycle ! pour les adolescent·e·s :

“Oui, il y a une partie pour les ados qui est en cours de fabrication. Elle parle des douleurs de règles, de comment fonctionne l’utérus, des protections périodiques (et du flux libre instinctif)”.

Cette transmission de savoir est essentielle selon Gaëlle Baldassari qui souhaite poser les bases, mais qui reste néanmoins convaincue que c’est à la mère de transmettre ce savoir à son enfant.

“Je crois beaucoup dans le fait qu’il faille retisser le lien intergénérationnel.”

Néanmoins, certaines mères n’ont pas ou peu de connaissances sur ce sujet et ne pourront donc pas répondre aux questions de leur enfant. Ici, Gaëlle Baldassari nous donne un début de réponse :

“J’accueillerai leurs peurs,en général c’est qu’à elles aussi on ne leur a rien transmis  : elles ne savent donc pas quoi dire. Je les encouragerai à prendre le temps de se reconnecter avec leur propre cycle, à découvrir ses richesses avant de penser à transmettre. Quand on a pris conscience dans ses tripes, dans son ventre, de ce qui se passe, ça devient plus simple d’en parler. Si c’est trop compliqué pour elles, elles peuvent trouver une ressource dans leur environnement, une personne en qui elles ont confiance pour transmettre.”

Aux ados qui n’arrivent pas à en parler à leurs parents : tu peux sûrement  trouver une autre personne dans ta famille ou dans ton entourage proche pour en parler (une tante, un oncle, un·e cousin·e, un· professeur·e). Et si vraiment tu ne trouves pas, alors n’hésite pas à te renseigner (correctement et en recoupant les informations) sur internet ou tout simplement, en contactant Gaëlle via son site internet ! Tu peux aussi prendre rendez-vous chez un·e professionnel·le de santé. Il existe aujourd’hui plusieurs supports, tels que Cyclique, qui ont pour objectif de répondre avec bienveillance à tes questions !

Selon Gaëlle Baldassari, il est important de parler ça : “Dès la naissance et avec les garçons aussi d’ailleurs. Je pense que dans la famille, plus les enfants grandissent avec la compréhension et la connaissance du fonctionnement du cycle, plus c’est naturel ensuite. Cela fait beaucoup de choses à intégrer d’un seul coup. En parler bien avant permet de répondre à toutes les questions avant et d’accueillir le vécu quand ça arrive

Pour finir cette discussion, Gaëlle Baldassari me confie une anecdote qui profitera aux (futur·e·s) utilisateur·rice·s de la cup :

“La première fois que j’ai mis une cup (coupe menstruelle) il y a 14 ans, ça s’achetait à l’étranger ou sur internet, donc aucune de mes copines n’en avaient. J’avais découvert ça avec des Canadien·ne·s. La première fois que je l’ai mise, j’ai cru que je n’arriverai jamais à l’enlever ! Je me suis fait mal au poignet en tentant de la retirer… et donc, je ne savais pas qui appeler car personne ne connaissait. Bref, bonne grosse panique ! Et puis je me suis relaxée, j’ai attendue quelques heures, et surtout, j’ai compris qu’il fallait faire pipi avant d’enlever la cup… pas comme le tampon. Et voilà, j’ai réussi sans problème. C’est le genre de situation dont personne ne parle et qu’on vit tou·te·s à un moment ou à un autre. Si c’était partagé, on saurait quoi faire. Cyclique est top pour ça !”

Je vous laisse donc sur cet avertissement: ”si on retient le pipi pour ne pas se faire dessus, on contracte le périnée et donc la cup reste bien au chaud !”

Et surtout, profitez des vagues !

Mélanie F.

Pour aller plus loin :

https://ressources-feminines.fr/

http://www.mirandagray.co.uk/