FREE PERIODS : Révolution dans les culottes des uniformes scolaires

FREE PERIODS : Révolution dans les culottes des uniformes scolaires


Lorsque Amika George entend un matin aux informations que tous les jeunes ne peuvent pas se procurer des protections périodiques, elle est révoltée. Elle découvre que 10% des écolières sont contraintes d’utiliser de vieilles chaussettes, du papier toilette ou des chutes de tissu pour se protéger pendant leurs règles fautes de moyens économiques suffisant pour s’acheter des tampons et des serviettes. Pourtant, cela ne se passe pas dans un pays plus pauvre que le sien, à des milliers de kilomètres, mais bien juste à côté de chez elle, au Royaume-Uni. Elle découvre que près de 50% des jeun·e·s collégienn·e·s et lycéen·ne·s anglais·es menstrué·e·s manquent au moins un jour d’école tous les mois à cause de leurs règles et que 7 jeunes filles sur 10 doivent demander à leurs ami·e·s des protections périodiques car iels ne peuvent financièrement pas se permettre de les acheter iels-mêmes.

La campagne #FreePeriods et son impact au Royaume-Uni

C’est alors qu’Amika George a l’idée de créer en avril 2017 la campagne et le haschtag #FreePeriods afin d’interpeller le gouvernement britannique sur ce qu’elle appelle la pauvreté menstruelle. Ses revendications ? Dans un premier temps que toutes les jeunes menstrué·e·s du Royaume-Unis boursièr·e·s sur critères sociaux puissent avoir accès gratuitement à des protections hygiéniques, et à terme, la gratuité complète des produits sanitaires pour tou·te·s.

Très vite, son mouvement recueille un grand élan de solidarité nationale et rassemble plusieurs centaines de personnes le 20 décembre 2017 devant le parlement britannique à Westminster. A ce jour, 21 parlementaires britanniques de tous bords politiques se sont rassemblés pour signer une motion intitulée « approvisionnement gratuites en produits menstruels pour les jeunes filles originaires de familles ayant un bas revenu »2. Grâce à ce texte, les députés espèrent faire passer une loi permettant aux jeunes personnes menstruées et venant de familles aux revenus modestes, d’avoir accès à des protections périodiques.

Cependant une partie de Royaume-Uni a décidé de prendre le problème à bras le corps et n’a pas attendu un vote national pour prendre les devants. L’Ecosse a mis en place dès le mois de juillet 2017 une expérience pilote dans la ville d’Aberdeen et distribue des protections périodiques gratuitement à près de 1000 personnes menstrées. A partir de août 2018, cette expérience devrait devenir une réalité au niveau national et toucher, non seulement les écolières, mais toutes les femmes à revenus modestes de la région. Il s’agit là d’un grand pas en avant contre les inégalités menstruelles et pour la visibilité des règles.

Au delà du problème économique : l’inégalité d’accès à l’éducation

Cependant, le problème n’est pas seulement économique. Il ne s’agit pas seulement de l’accès aux protections périodiques – qui, on le pense chez Cyclique, devrait être un droit fondamental – il s’agit aussi de déconstruire la honte et le tabou autour des règles. Il s’agit de (re?)mettre les règles à leur place : au centre du débat et au centre de la place publique. Parce qu’une fonction biologique ne devrait pas être honteuse et secrète.

Manquer l’école pour ces jeunes signifie également prendre un retard dans leur suivi scolaire, devoir travailler plus pour rattraper les cours manqués et donc prendre un retard sur leur apprentissage ; iels s’handicapent dès le plus jeunes âges pour le reste de leur cursus scolaire. Ce retard est difficile à rattraper et cela représente un obstacle de plus dans un cursus scolaire et universitaire déjà plus compliqué pour les personnes menstruées. C’est également facteur d’isolation sociale, de honte et de perte de confiance en soi.

Et chez nous ?

En France, il n’existe pas non plus d’aide à l’achat de produits sanitaires pour les personnes en difficulté et il n’y a pas de chiffre sur le nombre de jeunes filles confrontées à ces mêmes problèmes. Cependant le gouvernement français dispose des chiffres et des noms des élèves en situation précaire et on pourrait penser que la prise d’une mesure similaire serait possible. Sur l’année scolaire 2016/2017 plus 1 400 000 élèves étaient boursiers en France – collèges et lycées confondus, du secteur public et privé. Cela représente près de 25% du nombre total de collégiens et de lycées. Si la moitié est des jeunes menstrué·e·s, cela représente près de 700 000 personnes potentiellement impactées par le manque d’accès à des protections hygiéniques.

Beaucoup d’associations s’engagent dans les pays en voie de développement pour rendre l’accès à des protections périodiques plus facile et pour éviter que beaucoup de jeunes ne se mettent en danger leur santé et ne manquent des journées d’école. Il est ainsi important de se rendre compte que ce fléau ne sévit pas seulement dans les pays les plus pauvres, mais qu’il est également une réalité pour des milliers de personnes aujourd’hui en France et en Europe.

Plus d’infos sur le site Free period !

Carlos.

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